Pierre Godin: July 12, 1926 – March 7, 2012

Pierre Godin

A memorial service was held for Pierre, a long-time member of our community, March 31, 2012 at the Unitarian Church of Montreal. The following eulogies were written by his sister, Raymonde and his brother, Robert. Robert read both.

Nous sommes réunis pour nous recueillir sur la disparition de notre ami, notre frère. Je suis loin de vous et profondément présente par le sentiment et l'émotion qui m'ont accablée.

Pierre était mon frère ainé, et toute mon enfance et adolescence ont été marquées par sa présence, son influence sur l'ouverture que j'ai pu avoir au monde.
Il m'a appris à lire, à penser par moi-même; il m'a ouvert à la musique, et je lui dois la première vision d'une carte postale représentant la Montagne Sainte Victoire de Cézanne, vision qui devait d'une certaine façon orienter ma carrière d'artiste peintre.

Pour sortir de l'éducation que nous recevions à l'époque des "Années Noires" au Québec, il fallait un grand courage et beaucoup d'imagination.
Il était un révolté; l'injustice l'opprimait, les mensonges lui étaient insupportables; et dans ce milieu, à cette époque, il était terriblement isolé, et frappé de réprobation.

I often recall our long walks together in the country, in forests and the conversations we had touching every subject: ideas, philosophy, and the state of the world; for us, his siblings, he was a kind of encyclopedia, his readings, his large culture were astounding.
Until his last weeks, I often called him and he was ever so present: he could think, speak - we were near.
I owe him much.
He has now found peace with the world, with himself.
I thank you for being able to gather with you all.

MON GRAND FRÈRE (Robert Godin)
Notre frère Pierre est né en juillet 1926, fils premier-né de Madelaine Paradis et d’Érigène Godin.
Ma sœur Raymonde est venue au monde en décembre 1930 et moi en décembre 1936.
Pierre et moi avons vécu l’essentiel de nos vies à Montréal et Raymonde vit en France depuis les années ’50.

Pierre a été pour moi un vrai grand frère. Quand j’avais 10 ans, il en avait 20. Au cours des années difficiles de mon adolescence, Pierre qui à cette époque cherchait lui-même à apprivoiser sa propre vie, m’a été d’une aide inestimable. Il a été mon conseiller et mon mentor.

Très jeune, il avait une passion débordante pour la lecture et plus tard pour la littérature et la philosophie. Il avait des connaissances extrêmement vastes et variées, une culture riche et ouverte sur le monde. Cette passion pour le monde littéraire n’a été égalée que par sa passion pour la musique, toutes les musiques, musique du monde, classique, moderne, impressionniste, jazz. Sa curiosité était insatiable.

C’est à partir de ses connaissances de la philosophie, de l’histoire et des sciences politiques qu’il se dirigea assez naturellement vers l’étude du droit, suivant ainsi l’exemple prestigieux qui lui était donné par son père, le Notaire Érigène Godin. C’est ainsi qu’en 1955 il obtint son baccalauréat en droit civil (B.C.L.) à la Faculté de droit de l’Université McGill, où il eu la chance exceptionnelle d’avoir comme professeur le spécialiste en droit constitutionnel, poète, philosophe et grand défenseur des droits et libertés, le célèbre Frank R. Scott qui a eu une grande influence sur Pierre.

Admis à la pratique du notariat en 1956, il se joignit à l’étude notariale de son père, reconnue pour sa pratique très active, urbaine et d’affaires.
Mais après quelques années d’activité professionnelle très intense, il est apparu que Pierre, excellent juriste et penseur dynamique, s’adaptait difficilement aux exigences plus terre-à-terre d’une activité notariale traditionnelle et essentiellement mercantile.

Compte tenu de son bilinguisme exceptionnel, de ses connaissances fouillés des langues française et anglaise, il choisit de se diriger vers le monde spécialisé et complexe de la traduction juridique et c’est à ce titre qu’il décida de poursuivre sa carrière dans le monde du droit en se joignant aux effectifs du secrétariat d’État du gouvernement canadien, à Ottawa, où il vécut jusqu’à sa retraite en 1993.

Pierre a été une personne très spéciale et tous ceux et celles qui ont eu le privilège de bien le connaître garderont le souvenir d’un être humain hors du commun, avec des connaissances approfondies dans une foule de domaines, avec des convictions profondes de justice, de respect des hommes et de la nature, ainsi qu’une spiritualité profonde et épurée de dogmatisme et de préjugés sectaires. Il inspirait toujours le respect et l’admiration.

Pierre did not have an easy life. His transitions from the life of an intellectual and artistically inclined person to the world of a busy, business oriented professional practice and then to the somewhat lofty world of the higher echelons of the Canadian civil service, were difficult for Pierre and were the source of often deep anguish and profound questionings. In many ways, his was a lonesome life, the life of someone who knows too much to simply adapt and follow the beaten path.

One of the most important sources of comfort, calm and serenity for Pierre has undeniably been his relationship with this Church, with the members of its congregation and with the kind of spirituality for which he craved so deeply and which he found here. All of us, Janine and his family, are very grateful to you for the support and warmth that he received over the years. Thank you.

In his last and difficult days of his life, Pierre received special care, attention and support from Janine who was at his bedside during many long hours and days and from Isabelle who was able to bring him some relief from his suffering because of her expertise and experience. A small and dedicated circle of devoted and sensitive caregivers was also always present to help him bear the difficult passage that loomed before him. To all we wish to express our deep-felt gratitude.